Histoire

Cet agréable petit bourg qui côtoie une rivière du nom de la Dive a connu son essor à partir de l’abandon de la voie romaine qui évitait Couhé. Mais avant d’en arriver là, ce fut successivement un domaine gallo-romain puis un site moyenâgeux important avec la construction de son château.

 

 

L’origine du nom de Couhé

 

On retrouve, jusqu’au début du XIème siècle, des écrits gallo-romains où le nom de Couhé est orthographié de manière suivante : Coacus, Coiacum, puis Cohec en 1025 ou Coec en 1080. À partir de XII siècle, apparaissent consécutivement Cohério en 1119, Choec en 1149, puis Coiaco en 1155. C’est en 1248 avec Cohé puis Couhec qu’on approche phonétiquement du nom actuel de la cité.

En 1320, et pendant une période d’environ 50 ans, apparaît le nom de Coyacum avant que, pour la première fois, on fasse référence au nom de Couhé en 1395.

 

Couhé-Vérac

Jusque dans les années 1990, et encore parfois aujourd’hui, on parle de Couhé-Vérac. Mais d’un point de vue administratif, Couhé ne s’est jamais appelé officiellement « Couhé-Vérac ».

› Extrait du livre d’Auguste-François LIÈVRE : Couhé et ses environs.
Édition Grassart et Girardin, 1869

Quand à l’addition du mot Vérac, elle ne date que du XVIIème siècle, époque où l’ancienne baronnie fut érigée en marquisat. Le nouveau marquis, suivant l’usage, voulut imposer un second baptême à sa terre, et lui fit donner le nom d’un autre fief qu’il ne possédait plus*.

Lezay et Sommières eurent le même sort, mais ils se sont dépouillés depuis, en même temps que de leurs titres de marquisat, des faux noms dont on les avait affublés. Couhé avait aussi à peu près oublié le souvenir de cette adjonction ridicule lorsque l’administration du chemin de fer a, sans nécessité, imposé à la station la moins éloignée le double vocable de Couhé-Vérac, qui désormais frappe trop souvent les oreilles et les yeux pour ne pas rester.

 

*Vérac, en Limousin, appartenait au XIIIème siècle à une famille qui en portait le nom, et de laquelle il passe aux Rochechouard. Le 2 août 1389, Aimeri de Rochechouard le vendit à Simon de Cramault, évêque de Poitiers. Une parente de ce dernier, Simone-Tisonne de Cramault, dame de la Chapelle-Barine, et son époux, noble homme de Veloux, seigneur de Meulles et Puysavouraud, recédèrent, le 14 juin 1433, le châtel et la châtellenie de Vérac à Olivier de St-George, gendre d’Aimeri de Rochechouard. Un autre Olivier de St-George, descendant de celui-ci, transporta, le 30 juin 1626, cette seigneurie à Jean Londeix, ce qui n’empêcha pas la branche aînée de la famille de continuer à porter le nom de Vérac. Ce domaine, acheté 2,500 livres royales d’or fin du poids de 64 au marc, en 1433, fut revendu 83,000 livres en 1626, ce qui, en supposant qu’il n’y ait eu dans l’intervalle ni adjonction ni distraction, donne la différence de valeur relative du numéraire entre ces deux époques.

 

 

 

Xème siècle : les traces de « Cohec » dans l’histoire

 

Couhé, qui prenait les noms de Coacus, Coiacum ou Cohec, n’apparaît pas avant le XIème siècle dans les textes. La raison d’un tel oubli est géographique : la voie romaine qui va de Vivonne à Chaunay contourne Couhé par Lezay. Le domaine gallo-romain est donc isolé et la seule voie qui y mène part de Vivonne, passe par les Minières puis à Payré, avant de rejoindre enfin Couhé.

On suppose qu’a cette époque, le bourg était composé uniquement de quelques maisons. Ces habitations étaient centrées près d’une source aux abords du Gué qui traversait la Diva qui deviendra plus tard la Dive.

 

 

L’abandon de la voie romaine

 

Cet évènement majeur, qui se déroula sur plusieurs siècles durant le Moyen Âge, permettra l’essor du bourg de Couhé. Les causes de changement sont diverses :258897

› le non entretien de la voie romaine a en grande partie permis le développement du bourg. Le chemin reliant Vivonne à Chaunay et traversant Couhé étant de plus en plus usité, par conséquent la voie romaine est tombée petit à petit en désuétude ;

› le trajet est plus court, donc plus direct et plus rapide : pourquoi aller passer près de Rom alors que la ligne droite traverse Couhé. Naturellement, l’autorité en place va y créer un relais de poste ;

› le développement du commerce entre les différentes régions ainsi que les diverses guerres feront le reste.

C’est donc tout naturellement que Couhé devient une ville de passage qui se tourne logiquement vers l’accueil de ces nouveaux voyageurs.

Mais l’infrastructure n’a pas évolué et il n’est pas rare de trouver dans les textes de cette période des descriptions de routes étroites, de maisons en bois avec une mare sur le coté et d’un tas de fumier devant la porte, ce qui ne facilite pas le passage.

Cependant, à contrario, alors que le passage augmente dans le bourg, les richesses des habitants diminuent. En effet, les troupes du roi qui partent pour faire la guerre en Espagne, pillent au passage les villages qu’elles traversent. Couhé ne fait pas exception à la règle. Il faut se souvenir que la commune n’est pas très étendue en superficie (911 hectares) et possède donc des réserves très limitées.

Une anecdote est souvent contée quand on parle de Couhé : le roi Louis XIV se rendant en Espagne fît démolir une partie du bâtiment de la poste aux chevaux pour faire passer son carrosse et pouvoir continuer sa route.

 

 

Couhé et les guerres mondiales

 

Il ne faut pas oublier les périodes sombres connues par la France lors des deux guerres mondiales et les impacts de celles-ci sur le bourg.monument aux morts couhé

La commune a été marquée par la première guerre mondiale comme de nombreuses villes, 85 cohéciens sont morts dans les tranchées. La commune a donc décidé d’ériger un monument aux morts, place de la Marne, sur l’emplacement d’un puits.

Puis avec la deuxième guerre mondiale, Couhé connut l’occupation qui occasionna la mort de 12 hommes. On peut signaler par exemple que l’allée centrale des halles fut rehaussée afin de permettre le stationnement des blindés allemands. On parle aussi des abeilles qui ont délogé une mitraillette allemande du haut du donjon du château un jour de marché.

La commune de Couhé a prospéré durant les 50 années qui suivirent cette guerre.

 

 

Couhé aujourd’hui

 

Il y a quelques années, la route nationale 10, ancienne voie royale puis impériale qui a permis le développement de Couhé a été déviée. En effet, le flux croissant des véhicules (surtout les poids lourds) et les rues inadaptées à une telle circulation a entrainé logiquement ce bouleversement.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre : bien que la traversée du bourg ait été sécurisée, on a pu constater un déclin de certains commerces qui furent remplacés par de nouvelles activités économiques.

Dans le même temps, on a pu constater une diversification et un accroissement du secteur associatif pour le plus grand bonheur des habitants.

On signalera aussi l’aménagement du centre bourg autour des halles et la Grand Rue. Cela a créé un dynamisme aussi bien culturel que commercial dans ce secteur de Couhé, qui jusqu’à présent se développait en périphérie.

On remarquera que la Communauté de Communes de la région de Couhé a joué un grand rôle pour permettre la modernisation.

Enfin, n’oublions pas le retour des marchés à Couhé. En effet, pendant des années il y en avait un par semaine, tous les jeudis, qui a progressivement décliné jusqu’à disparaître. Mais, grâce à la volonté de la municipalité, les halles abritent, depuis 2014, un marché alimentaire tous les dimanches matins. De même un petit « marché bio » a été mis en place le vendredi vers 17h, avec des producteurs locaux. La Foire du 1er Mai, qui existe depuis des décennies, a toujours une grande renommée.

 

 

Bibliographie

› Jean-Marc MANGUY. Couhé : Mille ans d’histoire. Édition J.-M. Manguy, 1999.
› Jean GERVAIS. La Dive au fil du temps. Guide historique et touristique des régions de Lezay, 79 et Couhé, 86. Édition J. Gervais, 2003.
› Auguste-François LIÈVRE. Couhé et ses environs. Édition Grassart et Girardin, 1869.