Discours de Monsieur le Maire pour le 14 juillet 2017

Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens,

Nous sommes rassemblés aujourd’hui en ce jour de fête nationale autour de notre arbre de la liberté, planté à l’occasion du bicentenaire de notre révolution. Je vous remercie d’être présent pour commémorer ensemble l’esprit de fraternité de notre nation au sein de notre commune.

Le choix du 14 juillet comme date de notre fête nationale voté le 6 juillet 1880 par la IIIe République a en effet à l’époque soulevé quelques controverses. Il se voulait être la commémoration de la prise de la bastille le 14 juillet 1789, symbole de la conquête de la liberté, prélude à la disparition de l’ordre ancien lors de la nuit du 4 août. Mais cette date a aussi été choisie en souvenir de la fête de la fédération du 14 juillet 1790, manifestation de répit et volonté de concorde dans la tumultueuse épopée révolutionnaire.

C’est ce que je voudrais que vous reteniez aujourd’hui, après près d’une année d’exercice parfois tumultueux de notre démocratie, où nous avons pu avoir le sentiment d’une France fracturée tant par les controverses et les anathèmes ou la volonté de certains d’opposer les français entre eux pour les diviser. Notre République, aussi imparfaite soit telle, nous permet aujourd’hui, démocratiquement, de nous donner une stabilité dans un monde mouvant et dangereux. Je reprends ici les mots du fondateur de notre cinquième république, le général de Gaulle : « Un des caractères essentiels de la Constitution de la Veme république, c’est qu’elle donne une tête à l’Etat ». Elle s’inspire en cela de l’entièreté de l’histoire de notre nation de plus de mille ans, fruit du génie de notre peuple, écouté et regardé par le monde. Je cite encore le général de Gaulle « Notre constitution est à la fois parlementaire et présidentielle, à la mesure de ce que nous commandent les besoins de notre équilibre et les traits de notre caractère ». Cette vision est toujours d’actualité à mon sens.

Mais il est vrai que cet esprit révolutionnaire est au plus profond de chacun d’entre nous. Un des compagnons du général, Jacques Chaban-Delmas, a prononcé ces mots devant l’assemblée nationale en 1969 « Nous ne parvenons pas à accomplir des réformes autrement qu’en faisant semblant de faire des révolutions ». Le profond renouvellement de notre assemblée nationale, toutes tendances confondues, caractérise bien la capacité de notre nation à se porter vers l’avant. Beaucoup de ces députés sont peu expérimentés. Mais ils portent en eux également autant d’expériences de vie qui je le crois sont prometteuses de dépassement de clivages qui ces dernières années nous ont enfermés dans des débats stériles.

Car la France n’est pas une nation comme les autres. Son histoire, son projet est avant tout universaliste. En 1974, René Dumont nous alertait par ses mots : « pour la première fois peut-être dans l’histoire, les nations riches ont le plus strict intérêt à se montrer beaucoup plus généreuses ».  La crise des migrants, l’urgence écologique, nous disent aujourd’hui le caractère prémonitoire de ce discours. Nous avons su grâce à notre dépassement au sein de l’union européenne créer un espace de paix et de prospérité car comme le disait Fernand Braudel « la seule solution d’une certaine grandeur française, c’est de faire l’Europe ». Pour pouvoir aujourd’hui et demain contribuer à ce que notre monde soit globalement en paix et en mesure de résoudre les grands défis environnementaux qui nous menacent, nous devons poursuivre ce chemin, quoi qu’en disent certains en prônant fortement ou insidieusement la fin de l’union européenne aussi imparfaite soit-elle car comme l’a si bien dit Michel Rocard « ce qui s’est fait sous le nom d’Union européenne ne ressemble à rien de connu jusqu’ici. Sans cohésion politique ni identité commune, c’est essentiellement un espace de paix régi par le droit. Il faut rappeler inlassablement que la paix n’est ni fatale ni même naturelle en Europe. Ce « machin » à 25 nation qui rend toute guerre impossible entre elles est historiquement déjà miraculeux ». Sachons préserver et approfondir ce fruit des générations qui ont malheureusement connu deux guerres mondiales.

Vive la République

Vive l’Europe

Vive la France